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lundi 18 juillet 2011

Le PS toujours face à une exigence de démocratie

Les militants PS en ont marre d’avoir l’impression de se faire promener et commencent déjà à regarder ailleurs…

En effet, partant du fait établi qu'un chroniqueur politique ou un journaliste est un employé comme les autres, et donc astreint à suivre une ligne éditoriale (s'il veut garder son job), et ceci est vrai quelque soit le médias (télé, radio, presse écrite, internet), il est évident que les commentateurs politiques vont donc (par obligation professionnelle à défaut de convictions sincères) faire le jeu des patrons de Presse.
Qui sont ces patrons ?
Si vous connaissez la réponse, vous saurez pour qui ils roulent, qui ils veulent favoriser et pourquoi.
Ils ont donc un but unique : aider à l'élection de leur favori Nicolas Sarkozy. C'est normal (ce qui ne serait pas normal c’est que tous les médias soient dans une seule et même main…).
Sont-ils bêtes au point de l'afficher ouvertement ? Surement pas ! Pour le coup ce serait totalement stupide !
Alors, il leur faut d'abord éliminer l'adversaire principal d'en face, Ségolène Royal, qui risque de battre leur poulain en 2012. Ils vont donc "choisir" de mettre en avant un adversaire qui sera par la suite plus facile à battre, quelqu'un qu'on pourra soit discréditer sans efforts particuliers parce qu'il est d'une nature disons "spéciale" (Dominique Strauss-Kahn), soit un autre réputé sans envergure (François Hollande), soit encore quelqu'un sans réelle consistance (Martine Aubry), ou alors un ou plusieurs candidats carrément moins crédibles. Dans ce panier d'Ego qu'est le PS, ça sera du gateau, il n'y a que l'embarras du choix.
Cette stratégie va se mettre en place en utilisant des coups de boutoir successifs basés sur des commentaires de sondages bidonnés grâce aux fameux redressements des marges d'erreurs.
Ces marges étant de 2, 3, 4 ou voire même 5 points , on augmente d'autant celui qu'on veut faire monter dans les résultats, et on baisse d'autant celui qu'on veut éliminer.
Ainsi un résultat de 10 % pour "X" va être présenté à 12, 13, 14, voire 15 % et un résultat de 30 % pour "Y" va être présenté à 28, 27, 26, voir 25 %. Vous allez me dire, oui mais "Y" est toujours devant "X" ! Oui, bien sûr, mais ce qui sera commenté ce n'est pas que l'un est devant et l'autre derrière, c'est que l'un "grimpe" et l'autre "chute".
- 1 - Éliminer Ségolène Royal. Comment ?
Dans un premier temps on lva la confronter artificiellement, par sondages interposés, à un ou plusieurs adversaires dans son propre camp pour lui baisser un peu sa côte (pas trop au début, il faut que ça reste crédible) et monter celle des autres grâce aux fameux et mystérieux redressements occultes. Sur la base des résultats de cette confrontation «sondagière » les commentateurs vont pouvoir « matraquer » le « décrochage dans l’opinion » de Ségolène Royal. Ce matraquage de commentaires de la baisse de Royal et de la montée des DSK, Hollande, Aubry, sert à préparer les sondages suivants qui, répétés sans cesse toujours à la baisse pour la même et toujours à la hausse pour les autres, finit par accréditer l’idée dans l’opinion que celle qui était l’adversaire principal n’est plus maintenant qu’un outsider déjà dans son propre camp et donc à plus forte raison dans une confrontation électorale nationale avec Sarkozy. L’argument d’incompétence ayant fait long feu, on parlera dorénavant  de « perdante à tous les coups».
On remarquera que, tout au long de la mise en œuvre de ce mécanisme, les propositions de fond de Ségolène Royal et le silence des autres sont évacuées par les médias au profit des seuls commentaires des « experts » politiques basés sur ces fameux sondages et uniquement sur eux…
- 2 - Choisir son adversaire. Qui ?
J’ai dit plus haut « un adversaire soit discrédité, soit sans envergure, soit sans réelle consistance, soit moins crédible » dans cet ordre.
-a/ facile à discréditer : de préférence DSK qui semble le plus en décalage avec les « mentalités » et la « culture » de ceux qui auront à voter pour lui. Avantage indéniable : cela divisera le PS et fera fuire certains électeurs du PS vers les partis qui sont en marge (la gauche de la Gauche ou la droite de la Droite). Le problème de cette tactique réside dans le risque de voir revenir Ségolène Royal, alors on fait aussi monter dans les sondages Aubry et Hollande qui feront tampon entre DSK et Ségolène Royal, de manière à la tuer définitivement. Double avantage, on se prémunit contre son éventuel retour d’une part, et si d’aventure DSK se trouve « empêché » plus tôt que prévu on aura sous la main deux autres adversaires qu’on battra facilement.
-b/ un adversaire sans envergure, donc François Hollande, un candidat normal, monsieur tout-le-monde, bien sous tous rapports mais sans réelle expérience d’exercice du pouvoir, lisse, sans aspérités idéologiques, réputé plus pour sa mollesse et sa constance dans la recherche de consensus, et qui serait finalement l’otage de ceux qui l’auront fait roi. Que ces traits de caractère soient vrais ou faux, peu importe, de toutes façons les commentateurs seront là pour le faire monter dans les sondages jusqu'à la fin des Primaires, quitte ensuite à utiliser le moment venu ces faiblesses dans la confrontation finale nationale, celle qui l'opposera à Sarkozy. On (les médias) va donc le soutenir jusqu'à son éventuelle désignation, pour mieux l'abattre ensuite.
-c/ Martine Aubry, une candidate sans réelle consistance, une candidate ordinaire, rugueuse, dont on ne sait jamais ce qu'elle pense, antipathique ou réputée telle, sans originalité, sans vision d’avenir ou propositions novatrices, sans imagination, sans autre légitimité qu’une désignation douteuse et obscure par une nomenklatura d’apparatchiks déconsidérés et comploteurs. Elle aussi facile à battre parce qu'elle n'a de Gauche que la carte du PS,  et qui, en plus, fera revenir les voix FN vers Sarkozy. Martine Aubry, c'est du pain bénit pour Sarkozy.
d/ il faut aussi utiliser des candidats moins crédibles,  de second rang qui n’ont aucune chance de gagner mais qui diviseront un peu plus le camp adverse et affaibliront d’autant celle qui finalement est la seule qui peut vraiment gagné. Tout ce qui évitera le retour sur la scène de Ségolène Royal est bon à prendre. Rien ne doit être négligé. Consigne aux commentateurs politiques : "ne jamais nommer Ségolène Royal, mais si vous ne pouvez la taire, alors que son nom soit toujours accompagné d'un mot, d'une expression ou d'une idée négative".
- 3 - Une fois que l’adversaire ‘choisi » (DSK, Hollande ou Aubry) aura été « désigné » grâce à toutes ces manœuvres et que donc la voie est libre pour Sarkozy, les médias vont s’appuyer sur toutes leurs insuffisances et leurs faiblesses (qu'on avait pris grand soin d'occulter dans la campagne des Primaires) pour le faire apparaître comme incapable d’exercer la fonction suprême et gageons que de sondages en sondages, après l’avoir présenté comme le gagnant virtuel il le présenteront comme une erreur de casting. Casting qu’ils auront eux-mêmes organisé.
Notons une fois encore que, pour l’instant, tout ce système fonctionne parce que ce sont les sondages et les commentateurs politiques aux ordres qui font des prédictions sur le résultat des élections. Et, bien entendu comme d'habitude, ils seront contredits par les électeurs...dernier en date Eva Joly.
Sans débats directs télévisés entre les candidats, face aux Français, et répondant aux mêmes questions sur des thèmes précis et exposant chacun devant le même auditoire sa vision, ses propositions, ses idées et sa personnalité, les Français de Gauche ne seront pas informés « démocratiquement » et ne choisiront qu’en fonction des impressions que les médias leur auront imprimées dans le cerveau.
C'est pourquoi si le PS, ses dirigeants et ses militants ne prennent pas la mesure de ce qui déroulent sous leurs yeux, s’ils « n’exigent » pas collectivement des médias que des débats francs, directs et équitables, surtout équitables d’ailleurs, soient organisés tout au long de la Primaire et pas seulement un ou deux débats à la fin de la période … cette quatrième défaite consécutive, on peut le dire, est d’ors et déjà programmée parce que leur candidat aura été « choisi et imposé » par leurs adversaires et non pas par un élan profond de leurs électeurs équitablement et démocratiquement informés.
Si le PS veut rééditer le Congrès de Reims et ne donne pas, cette fois-ci, l’exemple d’une campagne honnête, démocratique, à la régulière, exigeant des médias de ne pas privilégier l’un ou l’autre des concurrents, soit par les temps de parole, soit par des commentaires positifs pour les uns et négatifs pour les autres, je le répète, si le PS préfère savonner lui-même sa planche, alors il ne survivra pas à la défaite de 2012. Et ce sont les dirigeants actuels qui en seront les seuls et uniques responsables.

Comme l'écrivait Rimbaud, la vraie vie est ailleurs…

mardi 2 février 2010

Echo socialiste en Languedoc - Le "Ben oui… Ben non…" de Martine Aubry

Mais que fait Martine Aubry en Languedoc Roussillon. D'après le Nouvel Obs, c'est bien malgré elle qu'elle se serait résignée à lancer contre Georges Frêche en Languedoc Roussillon ses propres troupes PS conduite par la maire de Montpellier, Hélène Mandroux. Décidément Martine Aubry poursuit son pas de deux, tantôt pour tantôt contre le puissant élu régional, tantôt pro-rénovation, tantôt pro -conservation. Bref, la ligne claire habituelle du PS actuel.

Ci-dessous l''article du Nouvel Obs :

"Aubry malgré elle...
Dimanche 17 janvier, sur RTL, quand on lui a demandé si elle soutenait Frêche, elle a dit : «Ben oui.» Le 16 juin dernier, devant le secrétariat national, elle avait pourtant juré qu'il était trop déconsidéré pour recevoir l'appui du PS lors des élections régionales. Martine Aubry n'a pas tourné casaque. Elle s'est tout simplement résignée à une situation qui la contraint, faute d'avoir su construire une alternative crédible. La première secrétaire, malgré le vote du conseil national du parti, continue à observer avec attention les initiatives de la maire de Montpellier, Hélène Mandroux. Si, par hasard, celle-ci devait finalement rejoindre, avec quelques amis, la liste d'Europe Ecologie, ce n'est pas elle qui lui lancera la première pierre. Bien au contraire. En public, en attendant, elle reste une «malgré-nous» du frêchisme. En retour, le président de la région Languedoc-Roussillon lui a délivré un certificat de présidentiabilité. «Il y a Hollande et Martine. Elle n'est pas ma tasse de thé mais je reconnais qu'elle se débrouille plutôt bien.» Georges Frêche a de l'humour. La patronne du PS a laissé se développer une situation inextricable et grotesque qui veut que le PS soutienne de facto un homme qu'il a exclu de ses rangs, tandis qu'un secrétaire national, Arnaud Montebourg, et son adjoint Paul Aliès continuent à faire bouillir, à Montpellier, les marmites de la révolte. Au nom de la rénovation ! Et pour ne rien gâter, c'est Laurent Fabius qui a lancé publiquement qu'il aurait du mal à voter Frêche, s'il était électeur dans la région.

«Ben oui» d'un côté, «ben non» de l'autre. Pour comprendre, il faut regarder d'abord à Paris. Tout s'est joué cet automne. Pour débloquer la situation, il aurait fallu que la direction du PS accepte l'idée d'une liste d'union conduite par un écolo et que les Verts fassent un accroc à leur ligne d'autonomie dans toutes les régions. Ni Aubry ni Duflot n'y étaient alors vraiment prêtes. Autre difficulté, celle-là locale : les socialistes languedociens n'étaient pas disposés à la rupture avec leur leader historique. Dans cette affaire, Georges Frêche, comme d'habitude, a su allier brutalité et finesse. Le seul qui ait ouvertement osé le défier s'appelle Eric Andrieu, premier secrétaire de la puissante fédération de l'Aude. Mais ce représentant doué et apprécié de la nouvelle génération socialiste n'a jamais su dire s'il voulait remplacer Frêche ou aider simplement à la solution alternative. Le vieux lion a lancé dans les pattes de l'insolent un de ses meilleurs amis. Audois comme lui, franc-maçon comme lui, jeune comme lui et amoureux du beau jeu rugbystique comme lui. Didier Codorniou, ex-trois-quarts centre du XV de France et maire très populaire de Gruissan, n'a pas fait dans la dentelle. Pour lui, c'était Frêche, point barre. A une très nette majorité (66%), les militants de la région lui ont remis les clés de l'investiture, à charge pour lui de les transmettre au président sortant. Aujourd'hui, Andrieu, qui est rentré dans le rang, explique qu'en Languedoc-Roussillon les deux tiers des sections sont peuplées par des élus et leurs obligés. Avec sagesse mais aussi un brin de fatalisme, il confie qu'on ne bâtit rien de sérieux sur «la dépolitisation» et la soumission inconditionnelle. «Il faut penser à l'avenir», dit-il. Le sien, sous la coupe de Frêche et alors qu'à Paris ses protecteurs se font rares, s'annonce en tout cas périlleux."

François Bazin
Le Nouvel Observateur


jeudi 28 janvier 2010

Madame Aubry a fait retraite

Décidément la question de l'âge de la retraite depuis la valse hésitation de Martine Aubry soulève des réactions nombreuses et pertinentes. Une des dernières en date  est pourtant un modèle d'impertinence, mêlant ironie et cynisme pour mieux faire ressortir les conséquences du choix opéré par la première secrétaire du PS. Le problème n'est pas posé à partir d'une pétition de principe d'ordre moral ou économique, mais si l'on peut dire en partant d'une question concrète et selon un axe d'analyse coût/avantage : à qui profite ou profiterai le mieux un recul de l'âge de la retraite? Inversement qui en serait le plus lésé? Au final 60 ou 62 ans?
L'article s'il use abondamment d'antiphrase et adopte un ton moqueur n'en est pas moins très sérieux sur le fonds de la réponse qu'il propose: l'allongement du temps de travail d'un ou deux ans avant l'age de la retraite ne serait pas incitateur pour les classes aisées (ce dont le récitant de l'article se revendique avec environ 12 000 EUR/net par mois et 3M€ dont la moitié rapporte, bon an mal an, de 2 à 3%).
Donc pour garder un ancrage important auprès de ce type d'électorat constitué principalement de cadres sup et sur-représenté dans les grandes villes, notamment à Paris, Mme Aubry se doit de rassurer  en revenant à l'âge de 60 ans pour ceux qui auront la chance de pouvoir partir dès ce délai dans des conditions acceptables voire optimales. Mais comme par ailleurs l'évolution démographique, et l'amélioration des conditions de santé obligeront à cet allongement du temps de cotisation, en particulier pour les classes moyennes et défavorisées, madame Aubry se doit de réussir dans sa réponse le tour de force de combiner la réalité de l'âge de la retraite à 60 ans avec la possibilité du travail prolongé jusqu'à 61 ou 62 ans.
En gros que ceux qui veulent partir à 60 ans et surtout qui peuvent le faire le fassent et que les autres puissent travailler plus longtemps. Tout ce procédé de communication sur cette difficile question des retraites énonce finalement un truisme et préconise ce qui va de soi: les suffisamment riches (pardon "aisés") partiront dès qu'ils le pourront - sous réserve qu'ils le veuillent plutôt que continuer un ou deux ans durant à s'enrichir encore un peu davantage. Les plus démunis  par contre n'auront pas le choix et leur situation socio-économique les contraindra, malgré leur fatigue et leur envie de s'arrêter, à dépasser systématiquement la barre des 60 ans.

mercredi 27 janvier 2010

Mais que disent les socialistes?

Martine Aubry a fait ce mardi 26 janvier une apparition fantomatique sur TF1. Contraste saillant avec la longue intervention de Nicolas Sarkozy la veille sur FR 2. Le président actuel certes on aime ou pas, c'est selon. Mais au moins on ne peut pas ne pas reconnaître que son intervention d'hier est en cohérence avec sa position, son caractère et sa fonction. Du reste chacun pour ou contre semble y avoir trouvé son compte et ce qu'il attendait: pour les uns il a été bon, clair, offensif… pour les autres mauvais, nul, inquiétant…
Alors Martine Aubry dans tout ça? Ou plutôt le PS tel qu'elle est censée le représenter voire le "piloter"? Où en sont-ils et que nous proposent-ils? Comme toujours depuis maintenant quelques années la baronnie PS semble ressasser de vieilles lunes, mais nouveauté elle s'introspecte!
Le PS adopte un style nouveau, minimaliste et allusif, grâce à Martine Aubry qui semble avoir découvert deux vertus politiques majeures à la veille des prochaines élections européennes:
  • la discrétion: soucieuse de ne pas trop s'avancer à contretemps et de ne pas prendre des risques inconsidérés au moment même où les sondages la donnent toujours en hausse, la première secrétaire du PS choisit de régler son pas dans celui de la majorité et du président, pour le critiquer. Afin de ne pas se discréditer par des avancées intempestives elle adopte une communication réservée et vague: certes Nicolas Sarkozy a tout faux (comment en irait-il autrement quand c'est l'opposition et le PS en particulier qui s'exprime à deux mois des échéances régionales). Mais on  se contentera de le dire "en général". Ainsi madame Aubry assène-t-elle un diagnostic profond de la prestation du président de la république: "inquiétant","n'apporte pas de solutions", "en panne de réponses", "en grand décalage". 
  • le principe de contradiction qui semble être une spécificité de la rhétorique socialiste actuelle: un jour on dit une chose, quelques jours après autre chose, voire le contraire, mais en assurant n'avoir pas varié et de dire toujours la même chose depuis le début. Et en tout cas ce qu'on dit le plus haut et fort est en général ce qu'on ne fait pas. Ainsi la cacophonie sur la question des retraites: il y a environ dix jours Martine Aubry acceptait le principe d'un report de l'âge de la retraite à 61-62 ans (avec il est vrai quelques réserves sur la pénibilité et l'emploi des séniors), mais le lendemain Benoît Hamon (porte parole du PS ou garant de son aile gauche?) est monté au créneau et un Bureau National récent a désavoué le choix de sa première secrétaire et lui a signifié le maintien à 60 ans. Résultat, comme l'écrit le Monde "la première secrétaire a donc finalement fait sienne la position officielle du bureau national". Toujours aussi intéressant de voir qui gouverne vraiment au PS, apparemment toujours  les courants et leurs principaux barons. Mais alors les militants? Et les électeurs qui aimeraient avoir leur mot à dire sur la question étant donné que ce sont leurs retraites qui sont en jeu? Ben euh, disons que ce sera pour plus tard…
Moralité le PS joue encore et toujours à la rénovation sans la faire concrètement à travers des actes forts et assumés. On voit bien la force et l'unité de la majorité de madame Aubry qui la contraint à s'adapter dans sa posture et dans son discours et ne lui laisse pas la place d'une ouverture et d'une modernisation authentiques. Si Martine Aubry veut éviter ce qui est arrivé à Ségolène Royal, c'est à dire d'être proprement lâchée et trahie par les principaux cadres et les principales structures,  lignes de force, sensibilités ou courants de son parti, qui ne constituent pas nécessairement la majorité de ses militants, loin s'en faut, elle est d'ores et déjà obligée de rester pieds et mains liée à tous ceux qui l'ont mise à la tête du parti, certainement moins pour ses beaux yeux ou ses nouvelles boucles d'oreille que pour leurs propres positions éligibles, en local notamment. A l'image de ce qui vient de se passer, elle avancera donc toujours des propositions auxquelles elle sera à répétition obligée de renoncer.  Mais plusieurs experts du PS pensent que ce sont toujours des ballons lancés et qu'on peut rattraper, en attendant de voir les réactions de l'opinion. Il va de soi que dans de telles conditions, l'exercice politique principal que le parti socialiste devra répéter à l'envi consistera à dissimuler le clivage entre les projets envisagés et les intentions affichées, autrement dit de s'ingénier à ne pas laisser transparaître une fois encore la guerre intestine qui déchire ses rangs tant du point de vue des personnes que de celui des idées et des diagnostics.

C'est dans la même perspective qu'à l'approche des régionales où le dernier sondage IFOP donne encore la gauche (qui bien évidemment s'en réjouit et jubile) en progression, il n'est donc pas bon de prendre trop de risques avec une base électorale censée se mobiliser prioritairement à gauche ,mais qui pourrait se sentir échaudée par les intentions d'abord affichées puis retirées de la première secrétaire. Le pas de deux d'avant en arrière de celle qui devrait positivement représenter une opposition démocratique et constructive soudée et étayée sur des propositions alternatives approfondies et non sur les habituels lieux communs de la polémique, s'apparente finalement à un déni symptomatique d'une position entravée et inhibée, qui manque à la fois de clarté et de personnalité.

Dans de telles conditions nationales on peut déjà craindre le pire si la région Île de France doit repartir pour un mandat de six ans derrière la liste de Jean-Paul Huchon, conduite dans le Val de Marne par Michelle Sabban, ex-première secrétaire fédérale du Val de Marne, chasseuse de tête des Strauss Kahniens, en charge il y a peu de se débarrasser notamment des militants rénovateurs, en particulier ségolénistes (comme elle n'avait pas hésité il y a quelques années à se débarrasser des socialistes de Boissy Saint-Léger en les excluant de la fédération du PS). Il n'y a vraiment rien à espérer de positif et de constructif de la reconduction d'une telle liste socialiste. Bien que l'ex première fédérale ait été écartée après le glorieux Congrès de Reims de la direction de la fédération du Val de Marne, cela ne l'aura pas empêchée de se faire investir tête de liste, en constituant une alliance faite de bric et de broc et totalement contre nature. Il est vrai que l'éclatement interne de la démocratie au PS fait qu'on ne sait plus exactement quelle est la nature de ce parti, écartelé entre des structures rigides n'ayant rien à envier au PCF dans les pires moments de son histoire et une vision socio-démocrate beaucoup plus souple).

C'est ainsi que quelques rares récupérateurs opportunistes du courant Ségoléniste ont surtout surfé sur les  élections présidentielles et alii ainsi que sur le dernier Congrès pour se mettre en avant. L'un est devenu lieutenant auprès de Ségolène à Désirs d'Avenir Bvd raspail (ce qui n'est pas sans inquiéter sur l'état dans lequel doit se trouver Ségolène ainsi entourée d'une telle dose d'opportunisme), l'autre précisément promu second juste derrière Mme Sabban sur la tête de liste PS 94 des régionales. Ils auront donc vite et bien rejoint les rangs d'une liste avec laquelle initialement ils n'avaient rien à faire. Et au plus grand mépris de la démocratie participative qui pour eux n'est en fait qu'un mot passe-partout, on peut voir par exemple que le numéro deux de cette liste dans le val de Marne est lui même un spécialiste du pas de deux : à l'occasion du Congrès notamment où il se présentait comme candidat pour accéder à la tête de la fédération, aussitôt le Congrès sur les motions passé il s'était rétracté malgré ce qu'attendaient ses militants. Les deux compères, sans aucun scrupule envers le choix des militants ont réussi le tour de force en forme de mini putsch de faire croire que l'alliance qui en ressortirait avec les composantes liguées dans un TSS assassin (Tout Sauf Ségo) seraient malgré tout avantageuse. Avantageuse au juste pour qui? Et pour quoi? La situation réelle de la liste actuelle pour les régionales en Île de France parle d'elle même. C'est un patchwork sans queue ni tête, sans aucune unité de fonds et sans aucune logique de compétences et de programme, où ne s'agrègent que des ambitions régionales, municipales et individuelles.

Qui peut vouloir reconduire une région à gauche dans de telles conditions? Il est à parier que la gestion de la région sera la première à pâtir et sera sacrifiée sur l'autel des calculs d'apparatchiks locaux, l'essentiel de leur énergie se portant sitôt élus sur les prochaines échéances nationales.
Lorsqu'on compare avec la dynamique enclenchée par la droite dans ces régionales et en particulier en Île de France (tête de liste Valérie Pécresse, actuelle ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche) et notamment dans le Val de Marne (tête de liste Laurent Lafon, maire de Vincennes), on ne peut qu'être étonné par la différence d'approche des campagnes qui commencent.
Là où le PS martèle des messages passéistes (leur bilan qui serait excellent, a minima on peut quand même douter), réactifs et agressifs (en guise de réponse aux demandes de la droite par exemple sur les problèmes concrets du RER A, on passe son temps à cogner sur Sarkozy d'où émaneraient tous les maux) ringardisée avec une liste hétérogène et vieillotte, l'alliance de droite UMP Nouveau Centre quant à elle impulse une dynamique conquérante, renforcée par des positions plus homogènes, des choix clairs et assumés et des personnes jeunes et nouvelles. Sans être nécessairement du même "bord" politique  comme on dit que les représentants de cette liste, elle inspire à ce jour une bien plus grande confiance par la compétence dont font preuve dans leurs domaines respectifs nombre de ses représentants. Vincennes et les Vincennois qui ont l'honneur d'être représentés au plus haut niveau avec cette liste grâce à leur jeune maire Laurent Lafon ne devraient pas manquer de saisir  toute l'importance de l'enjeu du vote des 14 et 21 mars 2010 et de soutenir par tous les moyens le renouvellement et le changement.
Après tout les règles d'alternance auxquelles les socialistes appellent si constamment de leurs vœux ne doivent pas s'appliquer exclusivement au national; elles doivent régir tous les niveaux de la vie politique et des élections et ce pour le plus grand bien de la  démocratie!