mardi 2 février 2010

Echo socialiste en Languedoc - Le "Ben oui… Ben non…" de Martine Aubry

Mais que fait Martine Aubry en Languedoc Roussillon. D'après le Nouvel Obs, c'est bien malgré elle qu'elle se serait résignée à lancer contre Georges Frêche en Languedoc Roussillon ses propres troupes PS conduite par la maire de Montpellier, Hélène Mandroux. Décidément Martine Aubry poursuit son pas de deux, tantôt pour tantôt contre le puissant élu régional, tantôt pro-rénovation, tantôt pro -conservation. Bref, la ligne claire habituelle du PS actuel.

Ci-dessous l''article du Nouvel Obs :

"Aubry malgré elle...
Dimanche 17 janvier, sur RTL, quand on lui a demandé si elle soutenait Frêche, elle a dit : «Ben oui.» Le 16 juin dernier, devant le secrétariat national, elle avait pourtant juré qu'il était trop déconsidéré pour recevoir l'appui du PS lors des élections régionales. Martine Aubry n'a pas tourné casaque. Elle s'est tout simplement résignée à une situation qui la contraint, faute d'avoir su construire une alternative crédible. La première secrétaire, malgré le vote du conseil national du parti, continue à observer avec attention les initiatives de la maire de Montpellier, Hélène Mandroux. Si, par hasard, celle-ci devait finalement rejoindre, avec quelques amis, la liste d'Europe Ecologie, ce n'est pas elle qui lui lancera la première pierre. Bien au contraire. En public, en attendant, elle reste une «malgré-nous» du frêchisme. En retour, le président de la région Languedoc-Roussillon lui a délivré un certificat de présidentiabilité. «Il y a Hollande et Martine. Elle n'est pas ma tasse de thé mais je reconnais qu'elle se débrouille plutôt bien.» Georges Frêche a de l'humour. La patronne du PS a laissé se développer une situation inextricable et grotesque qui veut que le PS soutienne de facto un homme qu'il a exclu de ses rangs, tandis qu'un secrétaire national, Arnaud Montebourg, et son adjoint Paul Aliès continuent à faire bouillir, à Montpellier, les marmites de la révolte. Au nom de la rénovation ! Et pour ne rien gâter, c'est Laurent Fabius qui a lancé publiquement qu'il aurait du mal à voter Frêche, s'il était électeur dans la région.

«Ben oui» d'un côté, «ben non» de l'autre. Pour comprendre, il faut regarder d'abord à Paris. Tout s'est joué cet automne. Pour débloquer la situation, il aurait fallu que la direction du PS accepte l'idée d'une liste d'union conduite par un écolo et que les Verts fassent un accroc à leur ligne d'autonomie dans toutes les régions. Ni Aubry ni Duflot n'y étaient alors vraiment prêtes. Autre difficulté, celle-là locale : les socialistes languedociens n'étaient pas disposés à la rupture avec leur leader historique. Dans cette affaire, Georges Frêche, comme d'habitude, a su allier brutalité et finesse. Le seul qui ait ouvertement osé le défier s'appelle Eric Andrieu, premier secrétaire de la puissante fédération de l'Aude. Mais ce représentant doué et apprécié de la nouvelle génération socialiste n'a jamais su dire s'il voulait remplacer Frêche ou aider simplement à la solution alternative. Le vieux lion a lancé dans les pattes de l'insolent un de ses meilleurs amis. Audois comme lui, franc-maçon comme lui, jeune comme lui et amoureux du beau jeu rugbystique comme lui. Didier Codorniou, ex-trois-quarts centre du XV de France et maire très populaire de Gruissan, n'a pas fait dans la dentelle. Pour lui, c'était Frêche, point barre. A une très nette majorité (66%), les militants de la région lui ont remis les clés de l'investiture, à charge pour lui de les transmettre au président sortant. Aujourd'hui, Andrieu, qui est rentré dans le rang, explique qu'en Languedoc-Roussillon les deux tiers des sections sont peuplées par des élus et leurs obligés. Avec sagesse mais aussi un brin de fatalisme, il confie qu'on ne bâtit rien de sérieux sur «la dépolitisation» et la soumission inconditionnelle. «Il faut penser à l'avenir», dit-il. Le sien, sous la coupe de Frêche et alors qu'à Paris ses protecteurs se font rares, s'annonce en tout cas périlleux."

François Bazin
Le Nouvel Observateur


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