De nouvelles bornes viennent d'être dépassées. Dans le registre des coups-bas politico-médiatiques il venait d'y avoir l'affaire Ali Soumaré, et la très mauvaise optique retenue par une frange de l'UMP d'avoir cherché à exploiter le passé censément "obscur" d'un candidat socialiste, sans avoir au préalable pris la peine de vérifier toutes les sources, mais surtout d'avoir opté pour un procédé de dénigrement visant à salir l'adversaire au lieu de se grandir soi-même. Il est à espérer que les responsables principaux de la campagne et de la liste emmenée par Valérie Pécresse en Île de France n'ont de fait pas cautionné cette stratégie à deux balles, dont on voit qu'elle contribue principalement à dégoûter les électeurs de la vie politique et de se sentir suffisamment floués pour vouloir s'en dés-impliquer.
Une cacophonie n'a pas tardée à faire suite, allégrement relayée par le journal Libération qui sur ses pages dédiées à la campagne ne consacre à ce jour pas moins des 13 articles (Lire ICI) à l'affaire Ali Soumaré, avec notamment un éditorial de Laurent Joffrin assez incendiaire.
Une cacophonie n'a pas tardée à faire suite, allégrement relayée par le journal Libération qui sur ses pages dédiées à la campagne ne consacre à ce jour pas moins des 13 articles (Lire ICI) à l'affaire Ali Soumaré, avec notamment un éditorial de Laurent Joffrin assez incendiaire.
Sur fond de désaccords et désaveux sur l'orientation de la campagne et sur les choix opérés pour la constitution des listes, le front UMP est supposé s'être fissuré. L'avenir le confirmera ou non, ce qu'on peut d'ores et déjà se demander c'est à qui profitera cette éventuelle "fissure"?
Aux socialistes serait-on en droit de penser immédiatement. Certains y ont songé et se sont rapidement réjouis de cette bévue de campagne (Lire ici). D'autant qu'au moment où le maire UMP de Franconville, Françis Delattre (Lire son portrait) en arrivait enfin à présenter des excuses, patatras, c'est au tour du PS d'en remettre une couche, avec une nouvelle sortie médiatique en bonne et due forme de Vincent Peillon (Lire ICI) exhumant, en contre-point avec l'affaire Soumaré, des pratiques passées de jeunes responsables politiques de droite, en l'occurrence Patrick Devedjian et Alain Madelin. Jeudi 25 février sur LCI, le député européen socialiste avait en effet montré une coupure de presse du 11 Novembre 1965 relatant une audience correctionnelle à Draguignan (Var), concernant deux “jeune gens […] étudiants à la faculté de droit de Paris, à qui le soleil a quelque peu tourné la tête […] Devedjian Patrick et Madelin Alain”.
Suite à ces déclarations, ces derniers ont tour à tour annoncé leur intention de déposer plainte en diffamation contre Vincent Peillon.
Aux socialistes serait-on en droit de penser immédiatement. Certains y ont songé et se sont rapidement réjouis de cette bévue de campagne (Lire ici). D'autant qu'au moment où le maire UMP de Franconville, Françis Delattre (Lire son portrait) en arrivait enfin à présenter des excuses, patatras, c'est au tour du PS d'en remettre une couche, avec une nouvelle sortie médiatique en bonne et due forme de Vincent Peillon (Lire ICI) exhumant, en contre-point avec l'affaire Soumaré, des pratiques passées de jeunes responsables politiques de droite, en l'occurrence Patrick Devedjian et Alain Madelin. Jeudi 25 février sur LCI, le député européen socialiste avait en effet montré une coupure de presse du 11 Novembre 1965 relatant une audience correctionnelle à Draguignan (Var), concernant deux “jeune gens […] étudiants à la faculté de droit de Paris, à qui le soleil a quelque peu tourné la tête […] Devedjian Patrick et Madelin Alain”.
Suite à ces déclarations, ces derniers ont tour à tour annoncé leur intention de déposer plainte en diffamation contre Vincent Peillon.
Au delà des coups bas que se portent les deux principaux partis de France dans le déroulement de cette campagne, on doit se demander jusqu'à quel niveau de non-débat et de non projet vont aller ceux qui sont censés représenter la population dans ces prochaines élections régionales et qui continuent d'une manière aussi peu constructive à briguer fonctions et places. Il y a une indécence décomplexée de part et d'autre dans cette manière de se porter des coups en dessous de la ceinture; la classe politique française doit se ressaisir de toute urgence si elle compte pouvoir continuer à revendiquer la représentation légitime et efficace des citoyens. Ces derniers ne comptent certainement pas aller aux urnes le 14 et 21 mars 2010 pour donner un blanc-seing à des courants politiques et à leurs représentants qui auront passé l'essentiel de leur temps à se préoccuper par tous les moyens de leur stratégie personnelle de conquête et à chercher des poux dans la tête de leurs adversaire politiques. Non les électeurs que nous sommes n'auront envie (ou pas) d'aller voter ces deux dimanches de mars pour que ceux qui leur auront paru faire des propositions en accord avec la réalité ambiante et avec leurs attentes et espérances. De ce point de vue il y a un paradoxe politique: les deux listes qui à ce jour sont données via les sempiternels sondages comme les plus largement majoritaires assez loin devant les autres sont celles des deux parties les plus impliqués dans le coups tordus portant sur des personnes. Si cela devait durer, il y aurait quelque indécence à ce que les électeurs ne sanctionnent pas ces deux grands groupes politiques en déviant leurs votes vers d'autres forces politiques plus propositionnelles, plus réservées et davantage respectueuses des personnes, et par là même d'une certaine idée de la politique.
A trois semaines de ces élections régionales, si l'UMP ne fait pas amende honorable de sa manœuvre indigne, et si le PS ne se ressaisit pas et ne s'excuse pas pour ces dernières attaques ad hominem, qui pourra encore en conscience voter pour l'un ou l'autre de ces partis. Il est fort à parier que les grands gagnants seront alors Europe-Écologie (et accessoirement les partis périphériques protestataires,) qui malgré le déficit de popularité et la jeunesse dont pâtit Cécile Duflot, la tête de liste en île de France, mène dans la lignée des Européennes de 2009 une campagne plus cohérente, mieux maîtrisée, avalisant une stratégie de rassemblement, permettant à la marque Europe-Écologie de s'installer dans les esprits et réussissant ainsi à susciter une défiance et une méfiance persistante à l'égard d'un Parti socialiste qu'une fraction de plus en plus importante et éclairée de l'électorat de la gauche modérée voudra bousculer voire oublier d'une manière ou d'une autre.
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