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lundi 21 septembre 2009

Ça radie au PS!

J'apprends par la presse que le Parti Socialiste dont je suis (mais devrais je bientôt dire "dont j'étais"?) entame une procédure de radiation de près de 50 000 militants qui depuis deux ans ne seraient plus à jour de cotisation (voir l'article du Monde en lien dans le titre du présent post). Visiblement le PS a besoin d'y voir clair, un peu plus de deux ans après les présidentielles et moins d'un an après son calamiteux Congrès de Reims.
Cela m'inspire deux remarques:
  1. Pourquoi si tardivement? En effet au moment d'échéances aussi cruciales que celles évoquées ci-dessus, n'était il pas déjà temps d'avoir déjà mis au clair les listes d'adhérents? C'est à se demander quelle signification ont bien pu avoir les quelques votes organisés après les élections présidentielles (divers vote internes sur l'orientation du parti, désignation des listes pour les municipales, cantonales, vote sur les motions et secrétaires de section, fédéraux et national au Congrès) dès lors que de son propre aveu actuel, le parti n'est plus au clair avec ses propres listes d'adhérents;
  2. Pourquoi si hypocritement: en effet depuis l'après-présidentielle, le parti socialiste s'est déjà ingénié à "radier" souterrainement ses adhérents (à Vincennes aussi), notamment ceux qu'il fait mine de découvrir à l'heure actuelle, c'est-à-dire les adhérents si joliment gratifiés et nommés " à 20 Euros", "en un clic" ou "Internet" (ce qui marquait bien dans l'esprit de certains que certes on est tous camarades et socialistes, mais que tout de même il y a les adhérents "réels" et les "virtuels"). Bref les radiations au PS ça ne date pas d'hier, alors qu'est-ce qui est nouveau exactement?
Au total, cette vraie fausse nouvelle de 48 000 radiés au PS pourrait soulever un grand éclat de rire si elle ne témoignait pas plus gravement d'un déficit cruel d'imagination et de sérieux pour se tourner vers l'extérieur et les véritables problèmes et attentes des citoyens. De plus elle marque à quel point pathétique se situe aujourd'hui l'appareil du parti, essentiellement "protectionniste" par rapport à son organisation interne et la position qu'occupent ses principaux cadres, salariés du PS et élus locaux et régionaux. Il est vrai que ces radiations opèrent aussi à quelques mois des Régionales où le PS ne peut guère que s'attendre à perdre quelques places convoitées. De plus sous la pression de différents Think Tank et groupes ou clubs de réflexion, la question de primaires ouvertes va soulever celle du mode de désignation des candidats "en interne" de chacun des partis de gauche engagés. Car certes il faudra aller devant un auditoire et électorat élargi dans le cadre d'une telle primaire, mais au moins dans un premier temps il faudra que les appareils s'entendent sur les candidats putatifs qu'ils sont prêts à engager. J'ai du mal à croire qu'enfin ouvert à une véritable conception "participative" de la démocratie, le PS puisse accéder à la candidature du moindre de ses adhérents… surtout s'il a été radié!

lundi 8 juin 2009

Retour sur le Européennes à Vincennes

Au vu des résultats locaux aux élections européennes, demandons nous ce qui s'est passé à Vincennes où ont eu lieu des bouleversements importants et qui pourraient bien présager de changements considérables dans les rapports de force des différents acteurs politiques présents sur la ville.
Si l'on retient notamment les résultats des partis politiques qui concouraient dans ces élections (dont les 4 principaux qui pouvaient d'office viser des résultats à deux chiffres,) on peut observer d'ores et déjà que par leurs scores respectifs, ces partis collent deux à deux :
1°La majorité présidentielle et Europe écologie;
2°le PS et le Modem;
3°le NPA et le Front de gauche et dans une moindre mesure le front National et Libertas.
Ajoutons qu'il faudrait, pour affiner les analyses, intégrer les composantes satellitaires de ces différentes formations, dont certaines ne sont pas négligeables (notamment la liste Alliance écologie indépendante de Governatori qui recueille 2,45%).
  1. La Majorité présidentielle et Europe Écologie peuvent être appariés comme les deux grands partis gagnants, cumulant respectivement près de 32% et près de 26% à Vincennes. La première des ces formations est pour l'essentiel composée de l'UMP et du Nouveau Centre. Traditionnel bastion d'une droite modérée et centriste, Vincennes s'est à présent stucturée par un rassemblement à droite autour de l'UMP, rassemblement initié dès le choix de Laurent Lafon entre les deux tours de la présidentielle de rejoindre le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy et le Nouveau Centre. Dans cette optique, la dynamique de droite sur Vincennes est bien double: d'une part la part plutôt traditionnelle centriste, de l'autre celle plus récente UMP. L'effet est évidemment assez efficace, d'autant que dans la circonscription, Vincennes peut prendre alliance avec Saint-Mandé bastion également de droite, mais détenu pa l'UMP et son député maire Jacques Baudouin. Malgré tout, et compte tenu de l'effet d'entrainement que ce regroupement a pu produire, les 32,62% obtenus sont un beau score, mais pas un chiffre particulièrement élevé. Il faudrait d'une part le rapporter au taux d'abstention relativement faible sur Vincennes comparé à celui national (50.78% de participation, soit un taux d'abstention de 49.22%, beaucoup moins fort qu'au national de presque 10 points). Rien ne permet d'exclure que les troupes de droite unies des deux partis de la majorité présidentielle ont à peu près fait le plein, et que leurs consignes de bien aller voter ont été plutôt scrupuleusement respectées, tandis que la dispersion de la gauche a entrainé en amont un effet d'abstention supplémentaire. En bref, l'abstention aurait eu lieu à gauche beaucoup plus fortement qu'à droite, et par conséquent le potentiel de réserve à gauche serait plus fort qu'à droite. D'autre part il faudrait rapporter en corrélation avec le taux d'abstention les résultats dans les autres villes de droite structurées sur la même alliance et les mêmes types de rapports de force politique. En comparaison nous verrions certainement un écart non négligeable entre Vincennes et quelques bastions de droite comme le Perreux (UMP-NC à 36.18% ), Saint-Maur (à 37.54%), Nogent sur Marne (38.26%)...
  2. Le PS et le Modem qui pour des raisons différentes voire opposées étaient tous deux des forces d'opposition non négligeables à Vincennes se sont l'un et l'autre totalement effondrés. Pas exactement dans les memes proportions, et pas pour les memes raisons. Le Modem d'une certaine manière du reste ne s'est pas effondé dans la mesure où il n'a jamais eu à strictement parler d'existence et d'ancrage à part entière dans la ville : lui même était et reste divisé à l'image de ce qui s'est produit durant les dernières municipales et cantonales, avec une alliance en municipales autour du projet de Laurent Lafon, regroupant Nouveau Centre, Modem et UMP, mais une cantonale disputée avec un candidat à part. Il y a bien eu la parenthèse des présidentielles avec le bon score de Fançois Bayrou. Mais rappelons d'une part que ce score honorable le plaçait tout de même en troisième position derrière Nicolas SArkozy et Ségolène Royal. Et rappelons nous aussi que la scission de l'ex UDF n'était pas consommée et que le Modem proprement dit n'existait pas encore. Il n'y a donc jamais eu au sens strict de force vive et opérationnelle du Modem en place politiquement sur Vincennes, du moins pour pouvoir évaluer la dynamique dans laquelle il s'inscrit acteullement. Et si l'on veut s'appuyer sur la cantonale partiele ouest qui a eu lieu en même temps que les municipales en mars 2008, cela reste un point de départ bien faible. Les presque 10% qu'il obtient à ces eurropéennes ne sont donc pas si mauvais et d'aucune manière une quantité négligeable, comparés notamment aux . Il en va tout autrement du PS (à suivre...)

jeudi 8 janvier 2009

"Au cœur des savoirs": une conférence sur l'interpénétration des phénomènes religieux et géo-politiques

La mairie de Vincennes organise dans la continuité de son cycle "Au cœur des savoirs" une première conférence le 12 janvier à 14h30, consacrée à la religion et la recomposition géopolitique, conférence animée par Jean-Pierre Miquel, politiste et sociologue .
Comme l'illustrent perpétuellement la répétition de conflits, aussi bien au proche orient qu'en Afghanistan, en Inde et au Pakistan etc., l'imbrication des données religieuses et confessionnelles avec celle d'ordre géopolitiques génèrent trop souvent des tensions ininterrompues entre des acteurs qui pourtant seraient censés partager fraternellement et pacifiquement les mêmes territoires, la même eau, une énergie commune, même s'ils ne partagent pas toujours les mêmes rites ni les mêmes Dieux…
Depuis les théoriciens modernes de la philosophie politique (Machiavel, Hobbes, Spinoza…), l'interaction de la religion avec les problématiques politiques a posé problème, tantôt pour savoir si religion et politique ne faisaient pas une seule et même chose, tantôt pour savoir si la religion était à même de servir de garde-fou pacifiste et modérateur aux différentes formes de pouvoir, tantôt encore pour chercher si la religion pouvait proposer un fondement alternatif effectivement capable d'inciter les hommes à transcender les logiques individualistes, matérialistes et consuméristes. Parfois encore - et c'est souvent le cas le plus courant - la religion semble être une des alliées presque naturelles des gouvernements, à même de constituer un instrument au service des politiques…
Bref nombre de questions d'autant plus réactivées qu'en même temps qu'un certain regain du religieux observable par exemple dans les publications connexes de certains numéros spéciaux de nos grands magazines (Le Point, L'Express…), ce début d'année voit l'embrasement encore une fois des territoires palestiniens dans la bande de Gaza, ou s'entrechoquent des intérêts certes géostratégiques, économiques et politiques, mais où se réactivent aussi des conflits ethno-confessionnels ancestraux et contemporains qui exigent que nous soyons en même temps que lucides les plus impartiaux possible et neutres, afin de ne pas nous laisser contaminer par des emportements passionnels démesurés, en fonction de nos attaches ou relations personnelles, de notre ancrage confessionnel ou de nos options culturelles. Puisse cette conférence nous apporter un éclairage sur les risques d'une interaction fallacieuse entre religion et société, mais aussi nous instruire sur les effets positifs que parfois la religion comme principe de communauté et de rassemblement, comme "prière" peut avoir sur les exigences sociétales et politiques.